COMP 2026-2030 : les priorités stratégiques de l’UPPA

Pour la période 2026-2030, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour engage une nouvelle étape de son développement. Le contrat d’objectifs, de moyens et de performance (COMP) définit les orientations qui guideront l’établissement pour consolider son potentiel scientifique, adapter son offre de formation, renforcer la réussite étudiante et assurer la soutenabilité de son modèle universitaire. Le 7 juillet 2026 à Bordeaux, dans une démarche collective inédite en Nouvelle-Aquitaine, les six universités de la région académique ont signé le même jour leur nouveau contrat avec l’État en présence de Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.

Cette trajectoire s’appuie sur l’identité scientifique de l’UPPA, son ancrage territorial et ses coopérations nationales, européennes et internationales. Elle doit permettre de concilier ambition académique, utilité sociale et territoriale et responsabilité dans l’utilisation des ressources.

Sa mise en œuvre repose sur un dialogue stratégique annuel entre l’université et le rectorat de région académique, complété par une analyse qualitative des réalisations. Une revue intermédiaire est prévue en 2028. Le suivi doit permettre d’évaluer les avancées, d’apprécier l’évolution du contexte et d’ajuster les actions si nécessaire.

Une université engagée dans les transitions

Depuis 2017, l’UPPA a fait évoluer son organisation, ses formations, sa recherche et ses partenariats. La dynamique engagée avec l'appui de l’I-SITE E2S, des missions interdisciplinaires (MID), de l’alliance européenne UNITA et de l’innovation partenariale constitue un socle pour la période à venir.

À l’horizon 2030, quatre ambitions structurent cette trajectoire :

  • Faire progresser les connaissances et les compétences pour répondre aux transitions énergétiques, environnementales et sociétales.

  • Contribuer au développement des territoires, sur les plans socio-économique, culturel et international, en s’appuyant sur une culture partenariale forte.

  • Garantir un environnement de travail inclusif et épanouissant pour l’ensemble de la communauté universitaire.

  • Réduire l’empreinte environnementale de l’établissement, dans le cadre de sa responsabilité sociétale et environnementale.

Six défis à relever d’ici 2030

L’UPPA doit conduire ses transformations dans un contexte marqué par des évolutions démographiques, scientifiques, sociales et financières. Six défis structurants appellent des choix stratégiques et une mobilisation coordonnée des moyens.

  • Anticiper le renouvellement des emplois : Le renouvellement des personnels constitue un enjeu majeur : environ 23 % des titulaires seraient à renouveler en 2031 et près de 45 % à l’horizon de dix ans. L’établissement doit anticiper les départs, préserver les compétences stratégiques et maintenir son potentiel de formation, de recherche et d’innovation, dans un contexte où l’attractivité des métiers scientifiques est questionnée.

  • Adapter les compétences aux transformations : L’évolution des métiers et des besoins territoriaux impose de prendre en compte les transitions écologique et numérique, le développement de l’intelligence artificielle et les attentes de la société. Les formations et la recherche doivent accompagner ces changements.

  • Répondre aux vulnérabilités étudiantes : La précarité économique, la santé physique et mentale et les besoins d’accessibilité appellent une attention renforcée. Les crises géopolitiques constituent également un facteur d’incertitude pour les mobilités et les coopérations internationales.

  • Anticiper la baisse démographique étudiante : La diminution attendue des effectifs à l’horizon 2034-2035 conduit à repenser progressivement l’offre de formation et ses capacités d’accueil. L’enjeu est de préserver l’accès aux études supérieures dans les territoires tout en renforçant l’attractivité et la soutenabilité des parcours.

  • Assurer la soutenabilité financière : Les contraintes durables pesant sur les finances publiques et la fin programmée de plusieurs projets structurants d’ici 2030 imposent de prioriser les actions et de maîtriser les dépenses. Au compte financier 2025, le taux de la masse salariale / produits encaissables atteint 84,9 %, au-dessus du plafond de 83 % du décret financier.

  • Préserver la capacité d’investissement : Le vieillissement du patrimoine immobilier renforce les besoins de rénovation et d’investissement. La part du parc immobilier considéré en état favorable est passée de 77 % à 66 % en dix ans. L’université doit également maintenir ses équipements expérimentaux, essentiels à son attractivité et à son activité scientifique.

Cinq priorités stratégiques pour transformer l’UPPA

Le COMP traduit ces défis en cinq priorités complémentaires. Elles visent à concentrer les efforts sur les transformations les plus structurantes, en reliant formation, recherche, réussite étudiante, gouvernance et partenariats :

Priorité 1 : Une offre de formation plus robuste

L’objectif est de proposer des parcours plus lisibles, attractifs, adaptés aux besoins des territoires et soutenables dans la durée. L’évolution de l’offre doit tenir compte de la démographie étudiante, des ressources disponibles, de la réussite des étudiants et de leur insertion professionnelle.

Les orientations principales sont les suivantes :

  • Réduire la fragilité de certains parcours et mieux adapter les capacités d’accueil, à partir d’une expertise de leur attractivité, de leur efficacité, de leur soutenabilité et de leur intérêt stratégique.
  • Renforcer le lien entre les formations de master, la recherche et les possibilités de poursuite en doctorat.
  • Intégrer les transitions écologiques, sociétales et numériques, ainsi qu’un usage responsable de l’intelligence artificielle.
  • Développer l’internationalisation, l’alternance, la formation continue, la validation des acquis de l’expérience et les formations adaptées aux besoins des secteurs professionnels.

Un objectif de transformation important : le plan de stabilisation financière et des emplois (PSFE) prévoit une réduction de 24 000 heures d’enseignement à l’horizon 2028, soit 10 % du volume actuel. Le contrat prévoit également de relever les seuils d’ouverture de certaines formations, notamment de 10 à 20 étudiants en première année de licence et de 8 à 12 en première année de master.

Priorité 2 : Une signature scientifique lisible

L’université entend préserver et développer un potentiel de recherche reconnu autour des transitions énergétiques, environnementales et sociétales. Cette signature scientifique repose sur l’interdisciplinarité, les coopérations avec les organismes nationaux de recherche et les liens entre recherche, formation, innovation et société.

  • Soutenir les missions interdisciplinaires et les projets contribuant aux domaines scientifiques différenciants de l’établissement.
  • Anticiper le renouvellement des personnels scientifiques, soutenir le doctorat, la recherche émergente et préserver les compétences d’appui à la recherche.
  • Renforcer les partenariats scientifiques et le transfert des résultats de recherche vers les acteurs socio-économiques.
  • Accroître la participation aux appels à projets compétitifs, notamment européens, et développer les coopérations internationales.
  • Renforcer les liens entre formation et recherche, la science ouverte et le dialogue entre science et société.

Ces actions s'appuient sur une stratégie partagée avec le CNRS, l'INRAE et Inria.

Priorité 3 : Une réussite étudiante au bénéfice de toutes et tous

La réussite étudiante dépend à la fois de la qualité des formations, des conditions de vie, de l’accès aux droits et de la capacité de l’université à prendre en compte la diversité des situations. Près de 40 % des étudiants de l’UPPA sont boursiers : l’accompagnement social et l’égalité des chances constituent donc des enjeux importants.

  • Renforcer l’égalité des chances, l’orientation et les continuités entre le lycée et l’enseignement supérieur.
  • Améliorer la santé, le bien-être, la qualité de vie sur les campus et la prévention des situations de vulnérabilité.
  • Faciliter l’accès au logement, à la restauration, aux aides sociales et aux dispositifs d’accompagnement.
  • Développer l’accessibilité universelle et les pratiques inclusives, notamment dans le cadre du projet HEPHAESTOS.
  • Favoriser la participation des étudiants à la vie démocratique de l’établissement.

Ces actions s’appuient notamment sur les partenariats avec le CROUS, l'ARS et les acteurs territoriaux.

Priorité 4 : Une gouvernance soutenable

La transformation de l’université doit s’inscrire dans une trajectoire financière, humaine et immobilière cohérente avec ses ambitions. Il s’agit de hiérarchiser les investissements, d’anticiper les besoins en compétences et de renforcer la capacité de l’établissement à prendre des décisions éclairées dans un contexte de ressources contraintes.

  • Articuler les décisions budgétaires avec les priorités stratégiques et les objectifs de retour à l’équilibre financier inscrits dans le PSFE.
  • Développer une gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences pour anticiper les départs et sécuriser les activités essentielles.
  • Préserver les compétences expertes nécessaires au montage et au suivi des projets structurants.
  • Programmer les investissements immobiliers et améliorer l’état du patrimoine universitaire.
  • Renforcer le suivi des résultats et la cohérence entre les moyens mobilisés et les objectifs poursuivis.

Priorité 5 : Une culture partenariale au bénéfice des territoires

L’UPPA entend consolider son rôle d’acteur public structurant dans les pays de l’Adour en renforçant les coopérations scientifiques, institutionnelles, socio-économiques et internationales. Ces partenariats doivent soutenir l’innovation, répondre aux besoins en compétences et contribuer à l’attractivité des territoires.

  • Développer une stratégie scientifique partagée avec le CNRS, l’INRAE et Inria, ainsi que des projets structurants communs.
  • Renforcer l’alliance européenne UNITA, les coopérations transfrontalières et la capacité à coordonner des projets internationaux.
  • Consolider les partenariats en santé, notamment pour adapter les formations et la recherche aux besoins territoriaux.
  • Approfondir les coopérations avec les collectivités, les entreprises, les établissements de santé et les acteurs de l’enseignement supérieur.
  • Développer l’innovation partenariale et le transfert des résultats scientifiques, en s'appuyant sur le Pôle universitaire d’innovation Sud Aquitaine Innovation.
  • Renforcer les coopérations avec le CROUS, l'ARS et les partenaires territoriaux en faveur de la réussite étudiante et de la vie de campus.